SMA, UNE DEUXIÈME PLACE DE GUERRIERS

Le 19 novembre 2017 - 11h07

Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet ont pris la deuxième place de la Transat Jacques Vabre en coupant la ligne d’arrivée dans la nuit de Salvador de Bahia, dimanche. Après 13 jours, 13 heures et 58 minutes de course, les co-skippers de SMA n’ont concédé que 6 heures et 21 minutes à Jean-Pierre Dick et Yann Eliès, vainqueurs au crépuscule, samedi.

Pied au plancher dans le front dépressionnaire qui a secoué la flotte dans les tout premiers jours de course, à fond dans la descente vers les îles du Cap-Vert, en finesse dans le pot au noir et le pied loin du frein pour glisser le long du Brésil, c’est une copie quasi parfaite que Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet ont rendue, une fois arrivés dans la baie de tous les Saints.

Le bilan en impose : le plus souvent deuxièmes, de temps en temps leaders, parfois troisièmes, et une fois quatrièmes. Mais c’était il y a bien longtemps déjà : depuis le 9 novembre, Paul et Gwénolé n’ont jamais lâché leur deuxième place. Une grosse partie de la course s’est jouée en début de première semaine quand il a fallu traverser un front imposant – 40 nœuds de vent et une mer cassée. Là, les deux amis ont su répondre au bras de fer imposé par Jean-Pierre Dick et Yann Eliès.

Ça cognait ? Tant mieux, ils adorent ça. Il ne faut pas se laisser amadouer par leur sourire d’anges, leur voix douce, leurs mots bien pesés et leurs références culturelles : ce sont deux authentiques guerriers qui sont montés au front pour aller chercher le break avec le gros de la flotte. « Tout s’est joué dans le front, en début de course, confirme Yann Eliès. Il a fallu qu’on envoie pour montrer que, si cette régate devait se jouer à la bagarre, on saurait répondre présent ». SMA n’a pas lâché et le match s’est dessiné : « Le rythme du début de course nous allait bien, nous étions entraînés, résume Paul. A part barrer, border, dormir et manger, on n’a pas eu vraiment de vie. C’était notre atout maître que de maintenir ce rythme dès le début dans une ambiance un peu Figaro : du positionnement, du placement… ». « L’enchaînement du début a été particulièrement physique et technique à la fois, prolonge Gwénolé. Ce n’était pas de grands choix à faire, mais des petits positionnements qui demandaient pas mal de manœuvres ».

EXERGUE
Yann Eliès, vainqueur 2017
« Cette nouvelle génération nous a poussés loin. Surtout SMA, avec un bateau qui ne lui permettait pas de bénéficier de la même vitesse que les foilers au reaching. A bateau é
gal, c’est clair qu’on aurait encore plus souffert »

Au large des îles du Cap-Vert et dans le pot au noir, SMA n’était toujours pas décroché. Un temps, l’écart entre les deux leaders ne fut que de 37 milles…. Puis c’est en exploitant la spécificité de leur foiler dernière génération dès l’entrée dans l’hémisphère sud, à des allures de reaching qui leur étaient favorables, que Jean-Pierre Dick et Yann Eliès ont trouvé les clés pour creuser irrésistiblement et définitivement l’écart.  « Cette nouvelle génération, portée par Paul, Gwénolé, Morgan et Eric nous a poussés loin, confirme Yann Eliès. Surtout SMA, avec un bateau qui ne lui permettait pas de bénéficier de la même vitesse que les foilers au reaching. A bateau égal, c’est clair qu’on aurait encore plus souffert, Paul a fait une superbe course en prenant la deuxième place avec un bateau sans foils ».

Un temps porté à 120 milles dans la litanie de la descente le long des côtes brésiliennes, le retard sur les vainqueurs a fini par s’atténuer. Ne concéder à l’arrivée que 6 heures et 21 minutes de retard sur le désormais quadruple vainqueur de la Transat Jacques Vabre, c’est déjà une bien belle histoire : « Au final, foil ou pas, bateau récent ou pas, ce qui est positif, c’est que ça a mis en avant l’entraînement, les marins les plus investis, conclut Paul. C’est pour cela qu’on est content de faire deuxième derrière Jean-Pierre et Yann. Ils sont devant nous pas parce qu’ils ont des foils, mais parce qu’ils ont très bien navigué ».

ILS ONT DIT :

Paul Meilhat, skipper SMA : « C’était une belle course, et une belle arrivée de nuit dans la baie. L’écart n’est pas si grand, on a barré toutes les nuits quand on était sous spi, on n’a jamais lâché sur le moindre changement de voile nécessaire. On n’a pas de regrets, on a l’impression d’avoir bien navigué, contents de nos choix, mais ils ont fait des bons choix aussi. On est content de faire deuxième derrière Jean-Pierre et Yann. Ils sont devant nous pas parce qu’ils ont des foils, mais parce qu’ils ont très bien navigué. En début d’année, j’aurais signé tout de suite. On a renoncé aux foils et préféré partir avec un bateau qu’on connaît bien, mais cela fait plusieurs courses que cela se confirme : les foils, c’est le présent. Même s’il y a des moments où c’est moins performant, il va falloir y venir ».

Gwénolé Gahinet, co-skipper de SMA : « On n’a que des satisfactions, on a le tout petit regret que Jean-Pierre et Yann n’aient pas fait d’erreur (il rit). C’est vraiment une belle course, on a fait les choses bien, on est content de ce qu’on a fait. On avait du mal à se dire qu’on pouvait viser un podium, en début de saison, en imaginant que les conditions pourraient être très favorables aux foilers. Accrocher la 2e place sur ce parcours-là, avec la météo qu’on a rencontrée, il y a de quoi être très satisfait ».

 

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Classement
TRANSAT JACQUES VABRE
Dimanche 19/11 - 3h33
1
St Michel - Virbac
Dick / Eliès
2
SMA
Meilhat/Gahinet
3
Des Voiles et Vous !
Lagravière/Péron

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