Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet vainqueurs d’une course folle

UneMGS
Le 7 juin 2018 - 11h09

Ce matin à 8h17, SMA a franchi en vainqueur – et au ralenti – la ligne d’arrivée des Monaco Globe Series, au terme d’une course d’anthologie. Paul et Gwéno remportent la première épreuve du tout nouveau championnat du monde IMOCA après 3 jours 19 heures et 17 minutes de lutte dans les petits airs avec de nombreux rebondissements face à de coriaces concurrents. « Physique, éprouvant nerveusement, mais vraiment magnifique » résumait Paul à son arrivée.

Les Monaco Globe Series ont ouvert en apothéose le championnat du monde Imoca 2018-2020. Prévu pour dépasser les 1200 milles, le parcours, faute de temps pour l’accomplir, s’est soldé en un grand tour de Sardaigne, en passant, au retour, par les îles d’Or. Mais il n’en fallait pas plus pour cuire à point les deux marins qui ont vécu en 717 milles et 92 heures de navigation un concentré d’intensité comme on en voit rarement sur les courses IMOCA.

« Les épreuves en Med’, ça devrait être obligatoire ! »

Paul Meilhat : « On est content d’être arrivés ! C’était hyper physique et difficile pour les nerfs. Ça me rappelle ce que j’ai vécu sur les courses en Figaro en Méditerranée. Sportivement, c’est dingue, il y a plein de rebondissements, que tu sois devant ou derrière, ça n’est jamais fini. Mais il n’y a rien de plus intéressant en termes d’adrénaline. Tu te sens vivant quand tu fais des courses en Med’ ! Tu passes par toutes les émotions. Sans parler du spectacle. On a vu des baleines, des dauphins, des paysages dingues, dans les bouches de Bonifacio, le long de la Sardaigne. Bref, ça devrait être obligatoire de faire au moins une course en Méditerranée par an ! »

Enthousiasme partagé par Gwénolé : « Cette victoire a une très belle saveur ! Ça nous a rappelé des étapes de Solitaire du Figaro, et nous, on adore ça ! On a pris beaucoup de plaisir dans un cadre magnifique, avec de belles couleurs, des paysages que je n’ai pas l’habitude de voir… »

Une course de dingues

Les deux marins s’imposent après avoir bataillé comme des furieux pour se sortir d’un duel à vue avec le foiler Newrest – Art & Fenêtres qui aura duré plus de 24 heures.

Paul et Gwéno avaient pris la tête le 4 juin, dans la descente le long de la côte orientale de la Sardaigne. Le lendemain matin, au moment de passer la porte de Cagliari, au sud de l’île, ils ont 20 milles d’avance sur leurs plus proches adversaires. Une marge correcte mais qui s’avèrera très insuffisante pour se mettre à l’abri. Lors de la remontée vers les côtes françaises, dans un vent de sud-ouest totalement imprévisible, le monocoque bleu et blanc est bientôt rattrapé par une meute constituée de 5 bateaux. Commence alors une course-poursuite au portant en direction des îles d’Or, Bagaud, Port Cros et l’île du Levant étant à laisser à tribord.

Au gré des trous d’airs, le peloton s’écrème et se transforme en un duel à vue avec Newrest – Art & Fenêtres. Le 6 juin au petit matin, SMA n’a plus que quelques centaines de mètres d’avance sur Fabrice Amedéo et Eric Péron. Il faut empanner, 10 fois, 15 fois, pour exploiter le vent. Les deux adversaires se croisent à quelques mètres l’un de l’autre. Au passage des îles d’Hyères, SMA est toujours devant, mais d’un souffle. C’est dans les airs évanescents de la dernière nuit, au sortir de la baie de Saint Tropez, que Paul et Gwéno parviennent à s’échapper, à coup de virements de bord, profitant de la brise thermique nocturne. Les derniers milles vers Monaco se feront sur une mer d’huile, à 2,5 nœuds de moyenne.

« On a eu entre zéro et 25 noeuds de vent. On a beaucoup manœuvré tout au long de la course, entre le spi et le code 0, et sur ces bateaux, c’est compliqué, raconte Paul. On en a bien bavé, mais on ne s’est jamais mis dans le rouge. Heureusement, avec Gwéno, on se connaît bien et on connaît très bien le bateau *. »

Gwénolé Gahinet : « Nous avions bien géré notre sommeil avant d’attaquer la fin. Heureusement parce que la dernière nuit, on a très peu dormi. Cette lucidité nous a permis de ne pas faire d’erreur le long des côtes. En tout cas, ça me donne envie de continuer à naviguer sur ces bateaux. Que ce soit en duo ou en solo ».

Après la Bermudes 1000 Race, SMA signe sa deuxième victoire consécutive ce printemps.

Le programme méditerranéen se poursuit pour Paul et Gwénolé. Après quelques jours de repos à Monaco, direction Cannes pour la suite de l’Apprentis BTP Tour puis Saint Tropez pour le coup d’envoi de la Giraglia Rolex Cup le 10 juin.

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Statistiques de course

SMA arrivé 1er le 07/06/2018 à 06:17:00 UTC (8h17 heure française) après 3j 19h 17min 00s de course. Distance Ortho 717.23 nm. Vitesse moyenne ortho 7.86 nds
Distance fond 815.52 nm. Vitesse moyenne fond 8.93 nds

* Les deux hommes ont remporté toutes les courses en double qu’ils ont disputé ensemble et terminé 2e de la Transat Jacques Vabre 2017.

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