Paul Meilhat, assure le tempo

soli
Le 15 novembre 2018 - 16h22

A moins de 400 milles de l’arrivée, Paul Meilhat est toujours 2e de la Route du Rhum en catégorie Imoca. A ses trousses, Yann Eliès a réduit l’écart mais il se heurte à la résistance du skipper SMA, qui pousse et contrôle à la fois avec un gros tempérament.

C’est un mélange étrange de sentiments qui doit agiter l’esprit de Paul Meilhat lorsque l’action décélère et laisse s’immiscer la perception. Entrent alors en sarabande le stress et la jubilation. L’un a le pas lourd et appuie sur les épaules ; l’autre tressaute et sautille comme une bonne farce. Malgré les prévisions et les statistiques, les théories et a-priori, le foiler de Yann Eliès ne parvient que péniblement à gommer la distance qui le sépare de SMA et ses dérives droites.

Contrairement à ce que les routages pouvaient laisser présager il y a quelques jours, la descente vers la Guadeloupe est bien moins linéaire que prévue. Une bonne nouvelle pour Paul, qui aurait tiré moins de bénéfices sur une route directe. « Il est fort probable que la descente vers la Tête à l’Anglais se fasse en escaliers quasiment jusqu’au bout, parce que la houle qui vient du nord rend la navigation compliquée en termes de performance à certaines allures », rassure d’ailleurs Clément Rivé, le chef de projet SMA chez Mer Agitée.

Nez vers le sud, Paul accuse régulièrement un déficit de vitesse de 1 à 2,5 nœuds, puis se refait quand la route prend de l’ouest. L’alternance provoque des effets de yoyo – un petit yoyo – qui permet au skipper SMA de garder régulièrement une trentaine de milles sur le solitaire de Ucar-StMichel. Et cela pourrait durer encore longtemps, puisque Paul a réussi à contenir Vincent Riou pendant des jours.

« La course que Paul est en train de réaliser est quasi parfaite, souligne Michel Desjoyeaux. Il a fait un quasi sans-faute à la sortie de Manche, au large de la pointe Bretagne, en menant bien le contournement de la petite dépression, puisqu’il y a pris des milles d’avance. Et sans prendre de risques, en gérant bien la puissance, il a tenu cette deuxième place. A peu de choses-près, Vincent et lui auraient pu sortir devant Alex Thomson, d’ailleurs. Paul a la bonne analyse des situations, une bonne compréhension des modèles météo et des prises de risques… Le bateau est aussi très fiable et bien préparé. Cette Route du Rhum est une très belle démonstration des qualités de Paul ».

A moins de 400 miles de l’arrivée, le Britannique dispose de 190 milles d’avance sur Paul. Un peu trop loin pour se sentir sous la menace de SMA ? « Roland Jourdain a dit que le dévent de la Guadeloupe peut coûter jusqu’à 120 milles, cite Michel Desjoyeaux. Cela fait un gros écart, et Alex est sans doute à l’abri. Alex a montré que son bateau est très performant à certaines allures mais, ça, on le savait déjà depuis le Vendée Globe ».

Le match, d’ici vendredi 13 heures (heure locale à la Tête à l’Anglais) sera entre Paul et Yann Eliès, selon toute vraisemblance. Alors, les deux Imoca60 s’engouffreront dans le dévent de l’île-papillon et devront changer de mode de combat. Si la distance entre les deux skippers ne se creuse pas d’ici là, commencera une lutte tactique, un combat rapproché dans lequel SMA, plus typé pour le petit temps, partira avec un avantage sur le foiler du triple vainqueur de la Solitaire du Figaro. « Il vaut presque mieux être chasseur que chassé dans ce coin, mais on fait de moins gros écarts en Imoca60 qu’en Ultime », note Clément Rivé. Il faudra aussi compter sur la paire de jumelles pour repérer les frisotis de la surface de l’eau, et puis sur la chance… Il faut tout ça pour gagner à la roulette de Basse-Terre.

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Route du Rhum - Destination Guadeloupe
Podium
1
Paul Meilhat
SMA
2
Yann Eliès
UCAR - St-Michel
3
Alex Thomson
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