Mise à l’eau du 60 pieds SMA : en configuration solitaire !

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Le 17 avril 2018 - 18h03

Le monocoque de Paul Meilhat est sorti du chantier à Port-la-Forêt et a été mis à l’eau ce mardi après divers travaux. Pas de révolution, mais de l’ambition en cette année rythmée par la préparation à la Route du Rhum.

« Comment se présente l’année ? En solitaire. » En deux mots, le skipper a déjà annoncé l’ambiance de la saison. « La saison va forcément être différente de l’an dernier où, avec la Transat Jacques-Vabre dans le viseur, j’avais pu m’appuyer sur Gwénolé Gahinet. Nous nous étions réparti des tâches que je vais gérer seul cette année. C’est intéressant de se retrouver dans cet exercice, cela impose une autre façon de réfléchir. »

Le premier point, c’est que le marin ne pourra compter que sur lui-même dans le temps fort de la saison. « Je dois donc pouvoir être plus autonome, puisqu’il n’y aura personne pour pallier les carences éventuelles. Cela ne veut pas dire qu’on a moins d’ambition dans l’exploitation du bateau, mais que la priorité des priorités, c’est la fiabilisation ».
Le deuxième point, c’est qu’il faut se préparer à tout faire tout seul.
« C’est une constante depuis des années : je tiens à beaucoup naviguer pendant la préparation. Il faut que j’arrive à une maîtrise maximale du bateau pour automatiser les choses. Ainsi, j’aurai le cerveau disponible pour ce qui fait la différence sur la Route du Rhum : l’esprit et la pertinence de la décision et l’exploitation de la stratégie choisie. »

Le dernier point, c’est le chantier. Pas un gros mais plusieurs ajustements pour effacer les traces de l’an dernier. Clément Rivé, le chef de projet du 60 pieds SMA raconte l’ouvrage hivernal. « Il a fallu repeindre entièrement le bateau suite à son retour en cargo de Salvador de Bahia. » Puis il a fallu se projeter sur la Route du Rhum. Un nouveau compas a été installé, et deux voiles neuves ont été dessinées. « Ça n’a l’air de rien, ce compas, mais c’est un élément essentiel. Nous sommes passés d’un compas d’ancienne génération à un compas à centrale inertielle à fibre optique. Le gain est significatif : les informations sur le cap sont très fiables et ne sont pas sujettes aux perturbations électro-magnétiques. Nous n’avons pas révolutionné le système. Nous avons adapté le câblage et installé de nouveaux logiciels. Le temps de mise au point sera donc court. » Et le bénéfice pour le solitaire sera certain, tout comme celui qu’apporteront les deux nouvelles voiles. Le J1 (la plus grande des voiles d’avant restant à poste) et le gennaker, flambant neuf, sont typiquement des options récurrentes entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.

Tout ça pour… aller gagner ?
« L’objectif que j’ai est similaire à celui de l’an dernier sur la Transat Jacques-Vabre, affirme Paul Meilhat. Le 60 pieds SMA est l’un des bateaux à dérives droites les plus performants de la flotte. Il y aura clairement un coup à jouer, d’autant que, dans cet entre-deux Vendée Globe, la capacité du marin à exploiter sa machine est prépondérante sur le potentiel de la machine. Mais ça ne sera pas un copier-coller de l’an dernier : beaucoup de bateaux ont changé de mains, certains ont eu un an de plus pour s’acclimater à leurs machines, et il y a des retours de marque, comme Jérémie Beyou ou Alex Thomson. »

D’ici le 4 novembre prochain, le programme de Paul Meilhat est étoffé. Ça tombe bien, il adore ça. Il y aura les rendez-vous habituels, comme le Grand Prix Guyader, les nouveaux formats, comme la Bermudes 1000 race Douarnenez-Cascais. Et pour la première fois, la classe IMOCA aura un vrai programme en Méditerranée avec les Monaco Globe Series et la Giraglia, mais aussi des rendez-vous de relations publiques pour SMA. « J’adore aller naviguer en Méditerranée, s’extasie Paul. Mine de rien, la Méditerranée, c’est la moitié des côtes maritimes de la France et c’est dommage de ne pas s’y rendre plus souvent. C’est sympa d’aller à la rencontre des collaborateurs et vers un autre climat, qui peut être plus clément ou plus dépaysant. Ça va me rappeler quelques bons souvenirs de mes années en Figaro, notamment ma première course à l’occasion de la Cap Istanbul 2008. Depuis, la passion de la Course au large ne m’a pas quitté ! »

Le programme 2018

Mi-avril : rendez-vous de relations publiques en Bretagne
5-7 mai : Grand Prix Guyader
9 mai : départ de la Bermudes 1000 Race Douarnenez Cascais (solo)
Courant mai : relations publiques avec le Groupe SMA à Lisbonne, Port-Camargue et Marseille
1er juin : Monaco Globe Series (en duo avec Gwénolé Gahinet)
Début juin : relations publiques à Monaco
8 juin : départ de la Giraglia Rolex
Fin juin : Retour en solo entre Cascais et Port-la-Forêt
21 juillet : départ de la Drheam Cup Destination Cotentin
Mi-août : début des entraînements au Pôle Finistère course au large
20 septembre : Défi Azimut
4 novembre : départ de la Route du Rhum Destination Guadeloupe

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Route du Rhum - Destination Guadeloupe
Podium
1
Paul Meilhat
SMA
2
Yann Eliès
UCAR - St-Michel
3
Alex Thomson
Hugo Boss

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