Le nez vers le bas

BI drone
Le 8 novembre 2018 - 17h17

A l’abord de la dorsale anticyclonique, Paul Meilhat continue à jouer sa chance à fond alors que la puissance du vent s’atténue progressivement. Une fois l’épreuve tactique traversée, SMA retrouvera les alizés.

Jeudi, au siège parisien du groupe SMA, Michel Desjoyeaux s’est glissé dans une peau qu’il porte bien : celle de consultant exceptionnel. Et, forcément, être félicité par un double vainqueur du Vendée Globe également vainqueur de la Route du Rhum, ça fait du bien, surtout lorsqu’on vient d’essuyer quelques jours rugueux et que, déjà, il est l’heure de bien réfléchir aux trajectoires.

Ce midi, Paul était à l’abord de la dorsale anticyclonique qui le sépare des alizés, il ne va plus avoir de vent très longtemps. De fait, parce qu’il navigue au plus près de l’orthodromie et très au nord, Boris Herrmann s’est emparé de la deuxième place en classe Imoca. Dans un système météo différent, le skipper allemand devra sans doute restituer cette place d’honneur au skipper SMA d’ici peu.

Vacation au siège

Paul le sait, ce n’est pas forcément le moment de regarder les classements, puisqu’il va être le premier à expérimenter le coup de l’élastique, et pas dans la position la plus flatteuse. D’abord, c’est un coup de frein que va vivre SMA, dans des flux d’air bien plus menus que la houle. Ensuite, seulement une fois passée la dorsale, Paul reprendra de la vitesse tandis que ses rivaux seront encore empêtrés dans les langes de la dorsale : « Je suis sous gennaker depuis trois heures, raconte le skipper SMA, et j’attends de savoir s’il est bon de mettre le spi ou pas. Et surtout quand. Cela dépendra de l’état de la mer. Je me dirige vers cette dorsale, le vent passe de nord-ouest à nord-est en une dizaine d’heures. Ça va se jouer, là, jusqu’au début de la nuit prochaine. Je vais devoir placer un empannage dans 7 ou 8 heures ».

Déjà, tout le contexte a changé autour de Paul, car il fait bon, à hauteur de Madère. Couche après couche, Paul a quitté son uniforme d’hiver pour se glisser dans ses habits de printemps. Aujourd’hui, ou demain, le skipper SMA naviguera en t-shirt. « On sent le changement, on va vers un temps plus sec et plus chaud, mais il n’a jamais fait très froid depuis le départ, et je suis bien protégé, dans le bateau ». Et ça fait bien plaisir.

Plaisir ? Oui, il y en eut, malgré les conditions dantesques, la mer aussi bien rangée qu’une chambre d’ado, et les impossibles siestes sur un pouf à billes qui fait des bonds dans les vagues. « Faire les choses dans le bon ordre et parvenir à les réussir, c’est un plaisir qu’on prend, quand on se fait secouer », rassure Paul, à qui il reste un peu plus de 150 milles à parcourir avant de se glisser dans ce qui ressemble de plus en plus à des alizés. « Il me reste 24 à 48 heures qui me sont favorables mais après, les conditions commenceront à pencher en faveur des foilers ». Alors, une nouvelle course commencera.

Ecoutez Paul :

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Classement
Route du Rhum - Destination Guadeloupe
Podium
1
Paul Meilhat
SMA
2
Yann Eliès
UCAR - St-Michel
3
Alex Thomson
Hugo Boss

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