Gwénolé sur tous les fronts

Le 2 août 2017 - 10h00

A bien y regarder, Gwénolé Gahinet est très vraisemblablement une synthèse de ce que porte la voile française aujourd’hui. Un nom qui hume l’histoire de la course au large, un cv qui annonce l’équation de la tête et des jambes, une expérience qui fleure bon la curiosité insatiable. Et, derrière ce regard qui fixe droit et porte la bienveillance et la réserve, se cache une obsession du détail et la capacité à rire un peu de tout.

Gwénolé est le fils de Gilles, architecte naval de renom qui a posé sa signature sur bon nombre de dessins jusqu’aux années 80. Il fut aussi navigateur au large et double vainqueur notamment de la Solitaire du Figaro en 1977, alors qu’elle s’appelait encore la Course de l’Aurore, et en 1980, l’année où elle embrassa sa dénomination actuelle.

Né en janvier 1984, Gwénolé n’a pour ainsi dire pas connu son papa, décédé quelques mois plus tard. Cela ne fait pas mentir les gênes, pour autant, ni ce sang nourri aux embruns, pas plus que la puissance de l’héritage. Le nom du papa est honoré dans les rues de la Bretagne sud. Côté formation, Gwénolé Gahinet a tout bon. Des études en ingénierie navale à l’ICAM de Nantes, l’Institut Catholique des Arts et Métiers, au cours desquelles il aura surtout brillé dans les cas pratique, lui permettent de se faire une jolie place dans le cabinet d’architecture navale VPLP Design pendant trois ans pour travailler depuis la terre sur les choses de la mer. Il s’échinera sur les dessins de trimarans, du MOD70 au monstre à trois pattes d’Oracle, vainqueur de la Coupe de l’America.

Tandis qu’il travaille sur les détails des multicoques, Gwéno ne cesse de naviguer en monocoque. Jusqu’au jour où, posant dans un coin la souris, il décide de lancer un projet express en 6.50. Huit mois plus tard, il « claque » la Mini Transat 2011 entre La Rochelle et Salvador de Bahia, via Madère. Et décide d’exporter en mer ce qu’il a appris à terre. Suivront une victoire en double lors de la Transat AG2R 2014, avec comme co-skipper un certain Paul Meilhat, une place de 1er bizuth sur la Solitaire du Figaro la même année et une 5e place au général en 2015. Le Vendée Globe est pour lui l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les 60 pieds IMOCA : il travaillera à la préparation du bateau de Morgan Lagravière… et finira par rejoindre Paul Meilhat et SMA aux premiers bourgeons de 2017. Mais entretemps, Gwénolé Gahinet a aussi pris une part très active dans cet hiver 2016-2017 de tous les records. Après un premier tour du monde bouclé sans record l’année d’avant, Gwéno a, à bord d’Idec et avec Francis Joyon, Bernard Stamm, Alex Pella, Clément Surtel et Seb Audigane, rallié la ligne d’arrivée à Ouessant le 26 janvier 2017 à 8h49, et remporté le Trophée Jules Verne après 40 jours 23 heures, 30 minutes et 30 secondes de course autour du monde. À 33 ans, Gwénolé Gahinet s’est déjà ménagé une petite place dans l’histoire de la course au large.

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